Nos remèdes

Soignons la PAC !

En 2008, un « bilan de santé « de la PAC est engagé afin d'évaluer les politiques en place et anticiper les évolutions pour la prochaine réforme de 2013.
Dans ce contexte et dans le cadre de la présidence française de l’Union europénne au deuxième semestre 2008, nous demandons un débat de fond sur les objectifs de la PAC.

La PAC doit poursuivre en priorité un objectif de souveraineté alimentaire. Cela signifie que l’agriculture doit donc avant tout assurer l’indépendance alimentaire de l’UE et que la PAC doit se concentrer sur l’approvisionnement de son marché intérieur. Cela va également dans le sens de la reconnaissance du droit des autres pays de se nourrir par eux-mêmes et de l’abandon d’une politique agressive d’exportation ainsi que de dumping.

Ce principe de souveraineté alimentaire doit être mis au service d’une agriculture durable et solidaire c’est-à-dire une agriculture diversifiée et de qualité, satisfaisant prioritairement les besoins des marchés locaux, créatrice d’emploi, répartie sur tout le territoire, respectueuse de l’environnement, ainsi qu’à forte valeur culturelle.

+ En savoir plus

  Le bilan de santé de la PAC

  note de position Commission Agriculture et Alimentation (C2A) de Coordination Sud

  note de position du collectif PAC 2013


Nos revendications

Nous portons des revendications à trois niveaux : international, européen et national

Au niveau international

Les Nations Unies doivent reconnaitre, élaborer et garantir le « droit à la souveraineté alimentaire » c'est-à-dire le droit des populations, de leurs Etats ou Unions à définir leur politique agricole et alimentaire sans dumping vis-à-vis des pays tiers.
Ce droit devra être respecté par les autres Etats ainsi que par les organisations internationales, notamment dans le cadre des négociations commerciales bilatérales ou multilatérales, et toute violation doit être sanctionnée.

Au niveau européen

L’UE doit proposer une réorientation de la PAC vers une production agricole durable, de qualité et de proximité. Pour cela, il est nécessaire de :

1) Maintenir les outils de maîtrise de la production
Alors que la Commission européenne veut largement y mettre fin, nous estimons au contraire que ces outils doivent être renforcés dans la mesure où ils jouent un rôle de « filet de sécurité » pour les agriculteurs. Il est donc important de maintenir les quotas laitiers ainsi que les aides au stockage.

(Dans le cadre du bilan de santé, la Commission européenne a fait part de ses intentions de mettre fin aux quotas laitiers d’ici 2015 car selon elle, ils ne permettent pas de répondre aux besoins des marchés.)


2) Réorienter les aides de la PAC pour rendre légitime le soutien à l’agriculture, en visant des objectifs d’agriculture durable.
Dans ce cadre là, nous proposons :
• Un accompagnement de tous les agriculteurs qui le souhaitent vers l’agriculture durable par des mesures incitatives.
• Un plafonnement des aides octroyées : pour répartir les aides plus équitablement, il faut les plafonner par actif et par exploitation dans le but de favoriser l’emploi et d’éviter la concentration des exploitations.
• Une orientation des pratiques d’alimentation animale de l’UE vers l’autonomie en protéines (en favorisant des alternatives d’approvisionnement en protéines)

3) Mettre fin aux pratiques de dumping, préjudiciables aux agricultures des pays du Sud.

Au niveau national

La réorientation de la PAC à l’échelle nationale doit aller dans le même sens qu’au niveau européen pour que les aides reçues par les agriculteurs français se dirigent vers une agriculture de qualité.
La France dispose de moyens pour orienter les systèmes d’exploitation et mieux répartir les soutiens publics, elle doit les utiliser.